J'en ai vu des sourires épanouis et des étoiles pleins les yeux, mais c'était jamais dans les miens. Puis t'façon, ça m'importais peu, le bonheur des autres comptait plus que le mien. Surtout le tien. Mais tu m'as fait part de tellement de souffrance, j'me suis construit une carapace avec tes larmes. Pour restreindre les bleus de mon âme. C'est un mur solide, tout autour de moi, qui a grandit avec le temps, en me protégeant. J'en ai vu des regards cruels, des espoirs brisés. Oh oui tu vois comme j'me suis camisolée. J'voulais pas m'briser. Pas comme toi tu l'as fais. Alors aujourd'hui, j'vis d'amitiés améliorées. J'ai dérapé des fois, c'est jamais impénétrable un mur, certains ont su l'escalader. Et de l'autre côté, ils se sont écrasés, comme mes p'tits soldats d'plombs que j'ai jeté par dessus pont. A la petite cuillère, je les ai ramassé. Mais ça sert a quoi ? Je n'veux pas d'eux, ils n'veulent plus de moi. J'suis renfermé, dans ce monde qui n'est que le mien, sous ce ciel, ce soleil, qui n'éclair que moi. Oui j'en suis la. Pardonnez-moi. J'voulais juste pouvoir dire « Papa j'ai besoin d'toi » ou « Maman faut qu'on parle ». N'essayer pas de comprendre. Je suis un courant d'air, J'veux pas d'attache, que des voyages. J'veux pas d'tout ça. Cette vie la, ne m'appartiens pas. Je suis là, avec vous, mais mon c½ur est la bas, mon âme est ailleurs. J'ignore tout. J'ai plus envie, ne dites pas que je baisse les bras, ce n'est pas le cas. J'veux être égoïste pour une fois, j'veux réaliser mon rêve cette fois. J'veux pas attendre de tout perdre. Puisque c'est sur la voix. Ma carapace m'a finalement trop couverte. Elle conduira à ma perte. La vérité c'est que je suis devenue inconsciemment une statue mobile imperturbablement soudée au ciment, je n'suis bien qu'avec un taux effarant d'ethanol bouillonnant dans mon sang, déambulant vide d'humanité, des kilomètres de peau asséchés, j'suis un pantin désarticulé . J'voulais juste aider le monde, mais le monde m'a pourri. A trop essayer d'guider les autres sur le bon chemin, on finit par se perdre soit même.Si je m'en vais c'est que plus rien ne me retient, et même les larmes ne pourront rien changer. J'me suis jamais sentie à ma place. Peut-être pourrais-je enfin redécouvrir le manque, un jour.
J'écoute : Justin Nozuca "After tonight"
Mon état : Exténuée %)